L'Opéra


Fonctionnement

• La résidence l'Opéra est un espace, physique, mental et collectif. Cette résidence, située au sein d'une maison habitée, se nourrit du confort et de la bienveillance propre à ce lieu domestique. Cette résidence propose à celui qui s'y aventure un temps durant lequel il redéfinit avec l'aide de l'hôte ou seul, les limites nécessaires à sa réflexion et à son épanouissement 

The residency the Opera is a physical, mental and collective space. This residency, located in an inhabited house, defined its identity throughout the comfort and benevolence belonging to this specific domestic place. This residency offers to the one who ventures there a time during which he redefines with the help of the host or alone, the essential limits for his reflection and his blossoming.

• Partant de la constatation selon laquelle nous commençons des discussions en ayant trop peu l'occasion de les prolonger, l'Opéra est une invitation sans aucune nécessité de rentabilité. Il se produira durant ce temps (d'une semaine), les évènements et les rencontres que l'invité et l'hôte souhaitent mettre en place. Toutes les disciplines sont conviées à prendre part : art plastique, musique, écriture, danse, théâtre, recherches et créations diverses.

Starting from the observation that we start discussions with too little opportunity to extend, the Opera is an invitation without any need for profitability. During this time (one week), the events and the meetings that the guest and the host wish to set up will occur. All disciplines are invited to take part: art, music, writing, dance, theater, research and various creations.

• L'unique structure régissant cette résidence est celle du choix d'un thème par l'invité quelques temps avant son arrivée. Ce thème sera également investigué par l'hôte. Le choix d'un système "thématique" est volontaire et porte en lui ses propres limites. Le nom de la résidence provient de celui de la maison qui est "Opéra", nom donné par l'ancienne association de harpistes vivant dans ce lieu. De plus, l'Opéra comme forme artistique oscillant entre chant, théâtre et écriture est apparue comme un heureux échos à l'identité de cette résidence.

The only structure governing this residency is the choice of a theme by the guest before his arrival. This theme will also be investigated by the host. The choice of a "thematic" system is voluntary and carries within it its own limits. The name of this residency comes from the name of the house which is "Opera", name given by the old association of harpists living in this place. In addition, the Opera as an artistic form oscillating between singing, theater and writing appeared as a happy echo to the identity of this residence.

• L'Opéra est située dans la ville d'Arles, dont le dynamisme ainsi que l'Histoire ne sont plus à démontrer. Si l'urgence semble être le tempo de notre époque, l'Opéra propose de calmer la cadence. Si il y a quelques nécessités à donner des formes; aussi réelles qu'imaginaires, à nos idées et nos actions, les conditions d'apparition de celles-ci se situent peut-être à l'Opéra.

The Opera is located in the city of Arles, whose dynamism and history are well established. If urgency seems to be the tempo of our time, the Opera proposes to calm the pace. If there are some necessities to give shapes; as real as imaginary, to our ideas and our actions, the conditions of their appearance are perhaps located at the Opera.



Note pour les résidents

Résider. Être quelque part. Décider que cet endroit sera à soi / pour soi / en soit.

Résider quelque part, là est l'un des grands enjeux des artistes de ma génération. Un enjeu structuré par des loyers, des espaces, des dynamismes, des moyens de productions ou encore des réseaux. Forcer de constater qu'il devient alors compliqué de résider quelque part et à fortiori, de créer.

Je ne suis pas artiste. Mais je travaille avec eux. Je ne comprends pas toujours ce qu'ils font, et je ne cherche pas toujours à comprendre. Ce qui m'intéresse, c'est être avec eux. Avec ceux qui imaginent des choses, donnent du sens à mon réel souvent fatigué, à mon imaginaire sous-alimenté. Ce que j'aime, c'est ces moments durant lesquels un ami me parle d'un projet, plus ou moins réalisable, et que ses mots vont vites et que ses yeux voyagent. C'est souvent à ce moment qu'ils me citent un auteur oublié, me parle d'un paysage traversé ou d'une peinture fameuse mais dont je ne connaissais pas l'histoire.

Résider quelque part, un territoire, physique ou mental, pendant 1 seconde ou toute une vie, implique alors un voisinage. Réel et embêtant ou fantomatique et transcendant. J'ai décidé de faire de faire de mes amis artistes mes voisins. Ou même mieux, des colocataires, quitte à bien s'entendre. Le temps d'une semaine ou plus, dans ma maison à Arles où je vis et partage ma vie, avec Grégoire d'Ablon, lui-même artiste photographe. Arles ne nous fera pas mentir.

Tout a commencé il y a deux ans, lorsque quittant les grandes métropoles européennes au bord du dégueulis je venais vivre et travailler en Provence, dans les voisinages de Van Gogh. Pour la première fois, je vivais dans une maison, avec une chambre d'amis.

Il m'était alors impensable qu'elle reste vide. Et c'est ainsi qu'est née la résidence de l'Opéra. Opéra d'après le nom indiqué sur la plaque provençale à l'entrée de la maison, ancien siège d'une association de harpiste, Opéra dont l'échos à mon propre nom de famille était aussi hasardeux qu'amusant.

J'imaginais alors ma maison, multivoxe, multiforme, blindée, surexcitée, festive, embaumée, fatiguée parfois, mais remplie de toutes ces personnes qui créent des choses qui me paraissent intelligentes, belles et justes.

Ainsi, depuis deux ans, mes deux maisons qui sont les deux têtes d'un même Opéra, l'ancienne, celle du 35 rue du docteur Fanton et celle du 8 rue du Bastion, ont, je l'espère pris soins des différents résidents.

Sans obligation mis à part un dîner avec nous, les résidents sont invités par mes soins, à venir, pendant une semaine à la maison pour faire ce qu'ils veulent. Créer, dormir, visiter, étudier, rencontrer. Je me tiens à leur disposition, leur offre un voyage et un espace et eux en contrepartie partagent leur pensée, leurs idées, leurs savoirs. Et comme il est d'usage de le dire, cela n'a aucun prix.

Dans ma tête, mes maisons  sont devenues des territoires à part entière. C'est chez nous avec Gregoire mais pas que, si quelqu'un décide d'y résider, c'est un espace qui devient à lui le temps que l'on décide. Et cette possibilité de mettre à mal la notion de propriété et de définir, souvent silencieusement, les règles qui régissent ainsi notre microsociété le temps d'une semaine, est source d'une joie certaine. Immense même.



Image : Etudes de décor, Pablo Picasso, dessin (décor, rideau et costumes conçus par Picasso pour le ballet Pulcinella de Serge Diaghilev, musique d'Igor Stravinsky, d'après des oeuvres de Pergolèse, chorégraphie de Léonide Massine. Première représentation à Paris, théâtre de l'Opéra le 15 Mai 1920).

8 rue du Bastion, 13200 Arles 
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